Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 20 septembre 1918
INDEFINI, samedi 21 septembre 1918
Orléans

Samedi midi 21 septembre 1918

Chère Alice,
J’ai reçu tout à l’heure ta lettre n°34 par laquelle tu m’annonces la mort de notre cousin germain de Corbas. Ce sera un bien grand chagrin pour ses parents. Mon oncle Jean est un brave homme très affectueux par tempérament et il souffrira beaucoup de cette perte.
Je leur écrirai dès que Portes m’auront donné des détails à ce sujet.
Rien de nouveau à te raconter. J’inaugure mon chandail ce tantôt. Il fait un temps couvert avec un vent d’ouest froid, ce que nous appelons une « bise bourrette ».
Cet après midi lavage des voitures jusqu’à deux heures. Ensuite repos jusqu’à lundi matin. J’écrirai aux cousines et à Mme Carra. Villeurbanne avaient-ils reçu ma dernière carte ? Tu m’as donné bien peu de détails sur tes voyages à Lyon. Allons madame, soyez un peu plus confidentielle !
Je ne reçois pas souvent de réponse, hors toi et Mme Carra. Rien reçu de Villeurbanne, ni de M. Bou, ni de Marie Berthier, ni des cousines Allemand. A M. B. il est vrai que je n’ai écrit que dimanche dernier. A propos, et mon vélo, à Lyon ? Y as-tu pensé ?
N’oublie pas de me répondre à ce sujet. Depuis le temps, il doit être réparé. Je veux le faire rentrer. Je ne veux pas que l’autre s’en serve.
Affections bien sincères à tous. Bons baisers pour les enfants et toi
Lucien
Lettre du lundi 23 septembre 1918


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