Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mercredi 4 septembre 1918
INDEFINI, jeudi 5 septembre 1918
Orléans

Jeudi soir 4 h 5 septembre 1918

Bien chère Alice,
J’ai reçu ce matin ta lettre 20. Merci. J’ai aussi reçu la lettre d’avis pour aller chercher le paquet à la gare. J’irai ce soir. Reçu encore une lettre de ma mère et une lettre de ma sœur. Mon frère est en Portes du 2 au 11. Aujourd’hui je me suis donné repos. C’est à dire que je suis allé voir le major ce matin qui m’a exempté de services pour la journée. Il m’a trouvé de l’embarras gastrique et il m’a fait prendre une purgation d’abord puis des pilules de quinine pour ce soir. Si avec ça je ne guéris pas, qu’est ce qu’il me faudra, alors ! Cet après midi, j’ai fait une petite sieste puis je me suis mis jusqu’à maintenant à un dessin en retard. Une poulie a exécuter au ½ avec toutes les cotes. Du joli travail ! Ils me feront devenir fous, bien sûr ! Tu as l’air de dire que c’est déjà fait.
La pluie a cessé hier et ce matin. Il est tombé vingt gouttes et c’est toujours la sécheresse persistante, comme à Valencin.
La guerre continue à très bien marcher. Les grands journaux de Paris, seuls lus ici, sont très optimistes. La paix pourrait nous surprendre.
Je vais aller à la soupe (1500 mètres) en attendant de vous tous revoir, je t’embrasse bien fort ainsi que les enfants. Je te dirai le contenu du paquet. Tout bien reçu dans celui de Bonneton. Merci !
Lucien
Lettre du jeudi 5 septembre 1918


Nous contacter