Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 27 septembre 1918
INDEFINI, samedi 28 septembre 1918
Orléans

Samedi midi 28 septembre 1918

Bien chère Alice,

Merci de ta lettre n°41 jeudi.
Je vois que la mémé va de mieux en mieux. Mme Teil a paraît-il trouvé le bon remède. Heureusement. Il faudra y retourner au temps dit. Si tu vas à Lyon, fais un saut à la 1140. Tu demanderas M. Boiron (c’est un ouvrier de l’atelier). Tu n’as pas à entrer en principe c’est défendu aux civils. Tu demanderas à M. Boiron si mon vélo est prêt parce que j’en ai besoin, c’est tout. S’il est prêt, règle lui la réparation. Il a déjà reçu 20 frs d’acompte. S’il n’est pas prêt, dis-lui que je le veux pour le 10 octobre chez M. Carra. Tu ne verras pas M. Gambs, il ne vient que vers 4h, le soir et s’en va le matin à 10h au rapport. Tu ne trouveras pas Boiron entre 11h et 1h à la 1140. Mais comme il habite rue de la Buire, le planton de la 1140 peut te donner l’adresse exacte de Boiron et tu peux si ça t’arrange mieux aller chez lui. C’est tout près des cousines. Reçu ce matin une lettre de Villeurbanne.
Ce matin, école de conduite ? Je vais finir par apprendre à mener une auto si ça dure !
On prend le grand air et cela me fait beaucoup de bien.
Et la guerre ! Ça va bien ! La Bulgarie demande la paix ! La front boche attaque en Argonne et à Cambrai. Sambre et Meuse ! C’est un nom fatal aux boches ! La paix sera nos étrennes du jour de l’an ! Gros baisers aux enfants. Je t’embrasse bien fort ainsi que tes chers parents et sœurs.
Lucien
Lettre du dimanche 29 septembre 1918


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