Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 1er octobre 1918
INDEFINI, mercredi 2 octobre 1918
Orléans

2 octobre 1918

Bien chère Alice,

La date des examens approche. Je crois t’avoir dit qu’il y a une annotation spéciale appelée « cote d’amour » et qui comprend surtout les services rendus depuis la guerre : les blessures, les décorations, le séjour dans l’infanterie comptent pour cette sorte d’examen moral.
Je t’ai demandé il y a déjà quelque temps de m’envoyer en vue de cet examen la lettre officielle de félicitations du Général Bordoullat au sujet du groupe de Sallier dont je faisais partie. Cette pièce est la seule avec laquelle je puisse prouver avoir réellement participé aux opérations de guerre. Fais-la moi parvenir de suite : ne me gagnerait-elle qu’un seul point, elle peut avoir de l’influence sur le résultat final. Chaque examen est côté de 0 à 20 – il faut avoir une moyenne de 14 points sur 20 pour être logis et 12 pour brigadier. Or il faut donc 14x7 examens = 98 points puisqu’à nos six examens la cote d’amour compte pour un examen. Si je rate un examen par exemple et qu’il me manque deux ou trois points, je peux les rattraper sur d’autres. Envoie moi donc de suite cette lettre que tu possèdes parmi tes paperasses.
Je n’ai rien reçu ce matin. Ce sera sans doute pour ce soir et je te répondrai. Cette lettre ne « compte » pas.
Je t’embrasse bien fort ainsi que les enfants et tes chers parents et sœurs


Lucien
Lettre du jeudi 3 octobre 1918


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