Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du dimanche 6 octobre 1918
INDEFINI, lundi 7 octobre 1918
Orléans

Lundi soir 7 h 7 octobre 1918

Bien chère Alice,

Je t’écris du foyer du soldat tout proche de ma chambre où il fait moins froid. Tu as dû recevoir ma lettre de midi contenant celle de cous. Desrayaud. J’espère que quand tu recevras celle-ci vous irez tous mieux à la maison. Surtout que les enfants ne sortent pas trop tôt. Aère les chambres souvent mais change-les de chambre pendant l’aération. Souviens-toi que le grand air est le meilleur désinfectant connu.
Bonneton est rentré à minuit de permission. Leurs cours ont repris cet après-midi. Je ne l’ai pas revu étant à l’atelier ce tantôt. Il a été recalé à l’examen. Il rentre à Lyon. J’ai été profondément surpris de cela car je le classais parmi les meilleurs des cours. Il était fort en tout. Cependant il avait passé un examen lundi soir en rentrant de Lyon (1ère permission). 22 ont échoué sur 48 ou 49. Jamais on n’avait vu un tel déchet. Il faut l’attribuer à la fin prochaine de la guerre. Je suis bien content d’avoir quitté les EOR à temps ! Il est vrai que je ne sais pas encore ce qui m’attend vendredi soir. Ce sera peut-être l’échec aussi ! C’est fort possible.
J’attends avec impatience demain pour avoir de tes nouvelles, ça me tracasse et je maudis ces examens qui me retardent et m’empêchent d’aller vous voir. Quand je vous sais tous en bonne santé, tout va bien. Mais quand c’est autrement je suis toujours inquiet.
Au revoir, bien chère Alice, à bientôt le bonheur de vous embrasser tous.

Lucien
Lettre du mardi 8 octobre 1918


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