Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mercredi 9 octobre 1918
INDEFINI, mercredi 9 octobre 1918
Orléans

Mercredi soir 3h

9 octobre 1918

Bien chère Alice,

Bonneton n’ayant rien reçu de chez lui non plus je pense que la poste fonctionne mal par ces temps de grippe ! Je suis bien anxieux de savoir comment vont nos chères malades et j’espère bien avoir un petit mot demain. Je sais bien que tu n’as guère le temps de m’écrire, et je me contenterai de peu.
Ici pour moi rien de nouveau. Je suis toujours aux EOR. Ce matin, il y avait cours de technique automobile. C’était intéressant et j’ai pris des notes. Ce soir c’est maths et administration. Ça ne m’intéresse pas.
Je crois t’avoir dit que le cours préparatoire des EOR n’ayant pas encore commencé on nous a mis au cours supérieur. En attendant nous sommes une dizaine ainsi. Le cours est d’ailleurs trop savant, surtout en maths et il me serait difficile de le suivre sans avoir passé au cours préparatoire.
J’ai vu dans les journaux que Lyon était consigné à la troupe par rapport à la grippe. Ça a paru d’ailleurs à la (…) J’attends donc. Je pensais voir mon professeur aux gradés M. Robert mais il a la grippe et ne vient pas. Je ne sais encore pas en somme si ma nomination sera maintenue ou non. Je ne le saurai pas avant quinze jours environ (après la Toussaint).
Et je n’ai pas même attrapé la grippe !
Quelle guigne. Ça m’aurait occupé. Dire que je ne fais rien ici et que chez vous il y a tant de travail ! Il a plu toute la nuit et ce matin.
Affections bien sincères à tous.
Je t’embrasse bien fort avec les enfants et tous à la maison.

Lucien
Lettre du lundi 14 octobre 1918


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