Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 8 octobre 1918
INDEFINI, mercredi 9 octobre 1918
Orléans

Mercredi soir 7 h 9 octobre 1918

Bien chère Alice,

Je suis bien inquiet ce soir. Je n’ai rien reçu de toi aujourd’hui. Je pensais ce matin que ce serait pour ce soir mais rien. Je me dis bien que tes lettres mettent deux jours pour venir et que si quelque chose allait mal, tu m’aurais télégraphié.
Mais je sais aussi que les examens proches te font hésiter à le faire. Cela ne me rassure pas. Je sais bien que tu as bien à faire et que tu as pu manquer le facteur quand il y a des malades à la maison. Envoie moi à défaut d’une lettre trop longue à faire parfois une courte carte. Ça rassure un peu.
Nous avons demain le dernier examen de conduite d’auto devant un officier ;
Ce matin il y a eu examen préparatoire oral. Je m’en suis trop bien tiré, outre le titre de premier qui m’a été reconnu par tous, élèves et professeurs, je crains que cela ne me fasse rentrer au cadre fixe à Orléans, comme instructeur. Certaines démarches qui ont eu lieu après (passé militaires, punitions) m’ont donné beaucoup à songer. Je ne sais encore rien. Les autres examens auront lieu vendredi et vendredi soir départ pour Valencin. J’attends avec impatience le courrier de demain matin. C’est à ce courrier que tes lettres arrivent habituellement.
Je vais bien, toutes mes affections à tous à la maison. J’espère que je vous trouverai tous en bonne voie de guérison. Je n’écris plus avant mon départ. Au revoir et à bientôt, je t’embrasse bien fort ainsi que tous.
Lucien
Lettre du mercredi 9 octobre 1918


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