Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mercredi 23 octobre 1918
INDEFINI, jeudi 24 octobre 1918
Orléans jeudi soir 24 octobre 6h1/2

Bien chère Alice,

Rien reçu de toi aujourd’hui. Ce sera sans doute pour demain. Ce soir notre adjudant nous a annoncé que d’ici quelques jours, une semaine environ, on nous donnerait nos sept jours de permission.
En même temps, nous avons appris que les permissions sont supprimées pour cause de manque de train.
On a en effet suspendu les express de jour. Alors attendons…
Pendant ce temps là, la guerre dure toujours et la paix vient. Il se confirme de plus en plus qu’il n’y aura pas de nouveaux cours d’EOR, ce qui ne nous empêche pas pour l’instant d’en avoir le titre. Donc si on te demande ce que je fais, tu répondras : élève-officier. Ça sonne, hein ? …
Aujourd’hui, mes élèves ont cassé ma voiture. Ils ont bien fait, je m’en suis débarrassé en attendant la réparation. Cet après midi, j’ai roulé en amateur dans la voiture du dépanneur. J’aime mieux ça. En ce moment je n’ai qu’une seule idée, reprendre des forces et de la santé pour le retour au travail à la paix. Et j’y arrive.
Plaise à Dieu qu’il en soit de même pour vous tous à la maison. J’aime tant quand je sais que tout le monde est en bonne santé.
Peu de choses à te raconter. Comme tu vois, je t’écris de ma chambre où je viens d’arriver. De gros baisers aux enfants.
Je t’embrasse de tout cœur ainsi que tes chers parents et sœurs.

Lucien
Lettre du vendredi 25 octobre 1918


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