Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du dimanche 20 octobre 1918
INDEFINI, dimanche 20 octobre 1918
Orléans

Dimanche soir 6h 20 octobre 1918

Bien chère Alice,

Je viens de recevoir ta lettre de vendredi soir. Je suis très ennuyé d’apprendre que la petite ne va pas mieux. Ne néglige rien. Demande bien à M. Roux ce qu’il en est. Il faut bien attirer l’attention du médecin, lui demander les meilleurs fortifiants. Si tu le juges à propos, envoie moi une dépêche. Ce n’est pas la question fatigue qui m’empêche de m’en aller, c’est la question argent. Je vois beaucoup de cercueils d’enfants en ce moment à Orléans ; La grippe est mauvaise pour eux. Redouble donc d’attention. Fais-lui bien prendre ses remèdes à heure fixe, ainsi que ses repas. Elle est très faible, il lui faut non seulement des fortifiants, mais une alimentation régulière, nourrissante et légère. Je te recommande encore une fois toute ton attention pour cela.
Je t’ai écrit cet après-midi. Tu as dû recevoir cette lettre avec celle-ci.
Rien autre à te dire. Il pleut comme dimanche dernier. Vilain temps.
Mes amitiés bien sincères à tous à la maison. Je t’embrasse bien affectueusement ainsi que les enfants.
Lucien
Lettre du lundi 21 octobre 1918


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