Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 18 octobre 1918
INDEFINI, samedi 19 octobre 1918
Orléans

Samedi midi 19 octobre 1918

Bien chère Alice,

Je viens de recevoir ta lettre de jeudi midi par laquelle tu me dis que tous nos malades vont un peu mieux sauf la mémé. J’ai reçu hier ta lettre de lundi et ce matin celle de jeudi. Tu as dû certainement m’écrire dans l’intervalle mais la poste est si mal faite qu’on ne reçoit plus rien. M. Roux est-il revenu depuis dimanche ?
Avez-vous pu trouver quelqu’un pour vous aider ?
Ta lettre d’aujourd’hui est courte et n’est guère explication. Je sais bien que tu as autre chose à faire qu’à écrire. Tu m’as d’ailleurs probablement écrit mardi ou mercredi. Je recevrai cela demain je pense. Je ne te dirai rien de nous autres. Ce soir on nous donnera une voiture en consigne à chacun. Demain dimanche repos.
Lundi matin examen pour voir si nous savons conduire. Lundi tantôt nous prendrons nos fonctions d’instructeurs avec nos élèves. Ça durera au moins jusqu’à la Toussaint, après on verra bien. Tout cela me laisse bien indifférent. Ce qui m’intéresse surtout en ce moment, ce sont les victoires répétées de nos troupes sur le front, présage d’une prochaine rentrée dans nos foyers. Que la paix vienne vite pour tous, ce sera le meilleur.
Je t’ai demandé par ma lettre d’hier de m’envoyer mes gants de laine par la poste.
J’espère que notre chère mémé va se remettre elle aussi de cette grippe. Et toi, comment vas-tu ? Pas trop bien, je crains ? J’attends demain avec impatience.
Au revoir, bien chère Alice, de gros baisers aux enfants, je t’embrasse de tout cœur ainsi que tous à la maison.
Lucien
Lettre du dimanche 20 octobre 1918


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