Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du samedi 2 novembre 1918
INDEFINI, dimanche 3 novembre 1918
Orléans

Dimanche soir 6h

3 novembre 1918

Bien chère Alice,

J’ai reçu ce matin une petite lettre de jeudi. J’aime bien avoir des nouvelles souvent, même s’il n’y a que quelques lignes. Je sais bien que tu n’as guère le temps d’écrire.
Cet après-midi, j’ai écrit aux cousines D. à Villeurbanne, en Portes, et à un camarade de Versailles. J’ai reçu trois lettres de trois camarades du cours des gradés, actuellement à Versailles pour les renseigner au sujet des nominations. J’ai remarqué une chose, tous les trois me disaient vous sur leurs lettres. Prestige de l’élève-officier ! Je leur ai répondu par des « Tu » gros comme le bras !
A Villeurbanne et aux cousines, je n’ai pas donné des explications à n’en plus finir. Simplement que les cours sont suspendus et que je rentre à Lyon avec Bonneton. En Portes la même chose.
Il a plu tout l’après-midi. Je suis allé et revenu de la soupe en tram. Cela m’arrive rarement. De vraies galoches, ces trams d’Orléans. Bonneton pense que nous partirons à Lyon vers la fin de la semaine. Je ne crois pas que cela tarde. Le plus tôt sera le meilleur.
En attendant, je vais bien et je regarde vite dans tes lettres ce qui concerne la santé de tous.
Et avec ça la guerre marche toujours de mieux en mieux. Ça finira bientôt, je l’espère.
Toutes mes amitiés les plus sincères à tous à la maison.
Je t’embrasse bien fort ainsi que tes chers parents et sœurs et les enfants.
Lucien
Lettre du lundi 4 novembre 1918


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