Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du samedi 9 novembre 1918
INDEFINI, dimanche 10 novembre 1918
Orléans

Dimanche soir 1h

10 novembre 1918

Bien chère Alice,
Je n’ai rien reçu de toi aujourd’hui. Ce matin, Bonneton est allé voir au bureau du capitaine pour savoir quand nous allions partir. Il n’a trouvé qu’un planton qui lui a dit qu’il était arrivé de nouveaux ordres de départ pour les EO mais sans pouvoir préciser s’il s’agissait de nous. Nous le saurons donc demain. Dans tous les cas, tu n’as pas à t’inquiéter de tes lettres. Un camarade, Coullange, probablement me les fera suivre à Lyon. Je ferai le nécessaire pour cela. Je dis Lyon mais je n’en sais rien, ce sera peut-être Versailles.
Ayant perdu mes lorgnons, je ne sais comment, je suis allé voir un oculiste hier. Il a trouvé que j’avais les yeux bien abimés, que mon lorgnon était trop faible (ce dont je me doutais) et il m’a fait prendre des verres bleus. Résultat : 10 francs pour mes nouveaux lorgnons. J’en suis content, c’est l’essentiel.
Inutile de te parler de la guerre, les journaux en parlent assez. Encore un mois et tout sera fini. Je t’envoie à titre de curiosité un bout de ruban encore utilisable. C’est notre insigne des engagés, adopté en septembre par la chambre. Je te joins une copie d’une poésie que j’ai relevée hier au foyer du soldat et que tu me mettras de côté.
Rien de nouveau à te dire. Il fait un temps superbe, aujourd’hui. Succédant à deux jours de pluies consécutifs.
J’espère que tous nos malades continuent à aller de mieux en mieux.
Mes amitiés à tous à la maison et au cousin Perrin.
Je t’embrasse de tout cœur ainsi que les enfants.
Lucien
Lettre du lundi 11 novembre 1918


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