Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 21 novembre 1916
Saint-Fons, samedi 23 décembre 1916
Saint Fons,

Samedi 23 décembre

Bien chère Alice,
Je t’ai bien négligée cette semaine mais j’ai été bien occupé aussi. Depuis jeudi je suis à nouveau à la poudrière de Feyzin pour un temps indéterminé. Je gagne 5frs50 par jour, mais il faut partir de ma chambre le matin à 6h moins 20 et je n’y rentre guère avant 7h du soir. Je n’ai rien pu faire cette semaine. Je n’ai écrit à personne, pas même à M.B. J’en suis furieux d’être aussi limité pour le temps. Pour diner, il y a juste le temps de midi.
Nous devons aller à Valencin avec M. Carra demain ou le jour de noël si je suis libre. Il veut voir l’auto. Je ne lui ai pas parlé des cylindres fêlés car je n’ai pas envie de la vendre à lui. Je voudrai lui faire acheter celle d’Emile. Dans tous les cas, laisse moi lui fournir seul toutes les explications. Reçu hier le paquet de Fangeat. C’est Mme Carra ou M. Carra qui sont allés le chercher. Merci pour les gants, ça m’a fait bien plaisir de les avoir. Le canard leur a fait bien plaisir, ils ont cherché sur un livre la description de ce canard, on le mangera dimanche.
Remercie aussi ma sœur Antonia qui m’a envoyé à moi une grosse fricassée et un gros morceau d’échine. J’y ai tout mis chez les cousines où je le mange le soir. Elles ont dit que j’avais une bien bonne sœur. C’est vrai, je n’ai pu voir Pierre. J’étais à Feyzin. J’étais entré chez Vial à Heyrieux dimanche dernier, les galoches n’étaient pas encore prêtes. Pour les remèdes, Mme Carra a du les acheter aujourd’hui mais je ne peux pas les envoyer par la poste, on ne prend pas les liquides. Je pense les porter demain dimanche ou le jour de noël. Commence par ce que je t’ai envoyé, c’est du phosphore. J’aurais beaucoup à te dire mais il faut déjà que je reparte.
Embrasse bien tes bons parents pour moi ainsi que tes sœurs et les enfants. Les œufs ont fait grand plaisir. Je pense que la boite va te revenir pleine. Je dis, je pense !
Merci à ma petite Marcelle pour sa gentille carte.
Lucien
Lettre du lundi 8 janvier 1917


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