Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 9 août 1918
INDEFINI, lundi 12 août 1918
Orléans
lundi matin 10 heures (sans doute le lundi 12 août 1918)

Bien chère Alice,

J’arrive de l’école d’auto en Sologne. Nous avons eu repos hier dimanche. Nous sommes allés au musée et à Olivet, sur les bords du Loiret. Je t’écris du réfectoire en attendant la soupe. J’ai reçu en somme tes lettres 1 et 2. Moi je t’ai écrit tous les jours. J’ai écrit aussi aux cousines D. à Villeurbanne, au Palais de Cristal et à Bévy. En Portes aussi. Dans le prochain colis que tu m’enverras, tu me mettras deux couvertures, mais pas encore. Je te dirai quand il faudra me l’envoyer. Pour ne pas faire trop de voyages à la gare, tu feras un colis postal de 10kg. Je t’enverrai mon linge sale la semaine prochaine midi. Nous avons à une heure présentation des EOR au lieutenant commandant l’école. Après, revue par le médecin. Je pense qu’ensuite nous aurons le premier cours. C’est surtout sur les mathématiques et la mécanique automobile qu’on s’appesantit, bien que, comme je te l’ai dit, l’attitude et le commandement militaire soient prépondérants. Tout cela n’est encore que des on-dit. Rien de nouveau à te raconter pour l’instant. J’attends une de tes lettres ce soir. Le courrier arrive deux fois par jour. Toutes mes affections à tous à la maison. La mémé va-t-elle mieux ? Tu me diras.
Je t’embrasse bien fort, ainsi que les enfants.

Je t'envoie le plan de nos appartements. 11 bis rue du Boeuf, Saint Paterne. Nous sommes au premier étage. Chaque chambre est un peu plus grande que celle de Lyon, "l'empunaisée"


Lucien
Lettre du mardi 13 août 1918


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