Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du lundi 3 décembre 1917
Balan, mercredi 5 décembre 1917
La Valbonne

Mercredi matin 9 h

Bien chère Alice,

Je pense que tu as reçu ma lettre de lundi soir. Rien de nouveau à te raconter. Il gèle bien, mais ne faisant pas de vent, c’est très supportable. J’ai fait tout à l’heure l’inventaire de mon porte-monnaie : 80 francs en chiffres ronds. Avec les pièces d’argent que je t’avais données, ça fait encore de jolis appontements. Bonneton est passé brigadier. J’ai vu hier à la Valbonne le frère de Mme Cleyet, celui qui me commandait à la Part-Dieu. Il m’a bien reconnu et nous avons causé un peu.
Je crois que nous ne partirons pas au front avec les Américains. Je crois qu’ils ne peuvent emmener personne avec eux comme personnel français.
Je vais bien et je souhaite que ce soit de même à la maison pour tous.
Je te recommande encore une fois de bien faire tes remèdes et surtout, surtout, suivre le régime. Tu m’en rendras compte dans chacune de tes lettres afin d’y bien penser.
Au revoir, chère Alice, je t’embrasse de tout mon cœur ainsi que les enfants à la maison.

Lucien
Note
Date incertaine, sans doute le 5 décembre
Lettre du vendredi 7 décembre 1917


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