Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du lundi 4 mars 1918
Sertier Lucien
Lyon, dimanche 10 mars 1918
Dimanche soir 2h

Bien chère Alice,
J’ai fait un très bon retour. Je suis arrivé à Lyon garage à 11h1/4 et je n’étais même pas mouillé de chaud. Comme nous avons convenu, je t’attendrai mercredi. Viens par la voiture ou par le tram, comme tu voudras. Tu te rentourneras par le tram le soir ou le lendemain matin. Si tu peux rester la veillée, ça te permettrait de coudre un peu pour moi le soir. Enfin, tu verras bien. Ce matin, j’ai rencontré le tram à vapeur, aux écoles : donc il ne marche pas encore le matin.
Je marronne d’être obligé de rester en cage cet après-midi par ce beau temps. J’aurais pu planter des petits pois. Ce sera pour une autre fois, mais ça les retarde toujours un peu.
N’oublie pas de m’apporter en venant la réponse de Jaillet pour 6 saucissons frais et un jambonneau frais. Je veux une réponse ferme. Si c’est oui le prix et la date de livraison ou alors si c’est non, je pourrai répondre à M. Cleyet. T’ai-je dit que j’ai rencontré son frère, celui de la Part-Dieu. Il a passé capitaine et nous nous sommes faits mutuellement des félicitations avec ça que je suis plus avancé que lui puisque il n’a pris qu’un galon de plus et moi deux !! Je le lui ai dit en rien. J’irai ce soir chez les cousines.
Rien de nouveau. Mes meilleures amitiés à tous. Je t’embrasse bien fort ainsi que les enfants
Lucien
Note
Date incertaine. Postérieure au 4 mars 1918
Lettre du mercredi 20 mars 1918


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