Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du lundi 1er février 1915
Pernes, lundi 1er février 1915


Bien chère femme,

Je suis arrivé hier d’un voyage en Belgique région d’Ypres. Je dois y retourner demain. Nous faisons du transport de troupes et nous étions 24 sections à 20 camions chacune. Nous avons passé à Hazebrouck. Le temps me manque pour t’écrire. Je suis très occupé, je te raconterai plus tard bien des choses intéressantes que j’ai vues dans mon voyage. J’ai traversé toute l’armée anglaise. Nous avons suivi la ligne de front dans ses arrières, plus intéressant que le front même car c’est là qu’on y prépare la victoire future qui ne saurait tarder, car je ne puis rien dire, mais j’ai vu. Le jour est proche où sous la poussée formidable des alliés, les Allemands fléchiront et cèderont. Tout est bien prêt, terriblement prêt pour la poursuite et l’écrasement définitif. Alors, je daterai mes lettres de Prusse, si dieu veut. A bientôt, une autre lettre. Mille baisers.


Lucien
Lettre du mercredi 3 février 1915


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