Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du samedi 20 février 1915
Framecourt, dimanche 21 février 1915

Ma bien chère Alice.

J'attends demain avec impatience afin de savoir si le courrier m'apportera quelque chose de toi ou de quelqu'un de la maison. J'ai commencé à numéroter à 19, quand toi, et j'en suis déjà à 25 tandis que je n'ai encore reçu que ta 22ème de lundi dernier. Tu vois que j'ai plus écrit que toi. Aussi je me dis qu'il doit y avoir quelque chose de nouveau et tu comprends si le temps me dure de le savoir.

Il a fait beau aujourd'hui par extraordinaire. J'en ai profité pour faire un bout de promenade dans les environs pendant que ma soupe cuisait, histoire de profiter un peu du soleil. Je ne suis pas allé bien loin, à un kilomètre tout au plus.

Nous menons toujours la même vie un peu monotone. Il a passé deux ou trois aéros français. On sort vite pour voir si ce ne sont pas des boches. Mais c'est toujours des nôtres ou des Anglais.

Ma lettre sera courte, je n'ai rien d'important à te raconter. Et puis je suis trop impatient de savoir ce que tu fais et comment tu vas. Cela me sort toute autre idée de la tête et m'enlève toute idée d'écrire.

Je vais toujours bien et mon plus ardent désir est d'apprendre que tu es en bonne voie pour te rétablir. Je t'embrasse le plus affectueusement ainsi que tes bons parents et tes soeurs à qui tu vas donner de l'ouvrage. Mes meilleurs baisers à ma Marcelette. Qu'en avez vous fait ?


Ton mari qui pense à toi.

Lucien
Lettre du lundi 22 février 1915


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